Artistes/BAILLET Patrick

BAILLET Patrick



Plasticien, né à Amiens en 1951, professeur certifié de design et responsable pédagogique d’une section d’arts appliqués près de Versailles.
Il a, par le passé, exploré différentes tendances expressives (la nouvelle figuration, l’hyperréalisme dans les années 80 , un peu plus tard il fait une incursion du côté du copy-art ) et il s’est remis passionnément à la peinture depuis quelques années. La série des "espaces palimpsestes" ouvre depuis 2008 une nouvelle voie expressive grace à la photographie numérique.

Photographies : « Les espaces palimpsestes » :

Au Moyen Âge, le parchemin coûtant cher, les copistes réutilisaient d'anciens manuscrits pour y inscrire de nouveaux textes. Pour cela, les vieux manuscrits étaient préalablement effacés avec de la pierre ponce ! Le résultat de cette pratique se nomme palimpseste. Ainsi il est arrivé parfois (grâce au rayonnement ultra-violet) de redécouvrir, cachée derriere des psaumes ou des évangiles, la pensée des grecs préchrétiens ! Les lieux que je photographie sont des espaces de réappropriations successives, d'effacements, de superpositions, des champs de batailles symboliques, abandonnés aux expressions les plus extrêmes. C'est au milieu de cette brutalité urbaine que je me plais à faire ressurgir, comme dans l'exemple du palimpseste, le souvenir d'une culture sophistiquée et la nostalgie d'un raffinement perdu. Ces lieux existent-ils réellement? Ils sont le résultat d'assemblages de différentes prises de vue qui me permettent de dramatiser et de rediriger le regard du spectateur.

Peintures : "Toxicologies"

« La peinture ce n’est que de la couleur étalée sur un support »
 
Ancien de la publicité, photographe plasticien, peintre figuratif, j’aime à tracer ma route loin du conventionnel et du pittoresque car il ne me semble pas plus utile de singer l’habileté de la nature que celle des artistes statufiés. J’ai la démarche amphibologique d’un esprit, discrètement mais profondément, frondeur.
Je prends prétexte de certains grands thèmes contemporains, de sujets qui agacent comme « la féminité de synthèse », « les tags » ou « la satiété de consumation » pour me laisser glisser de la figuration vers le simple étalement de la peinture à l’aide d’une brosse sur un support ! 
La peinture m’aide à échapper à la prégnance des apparences, à fouiller dans les plis et les replis de la « réalité », pour trouver ce qui transgresse le motif. Je cherche la lisière où nos certitudes se diluent dans l’aléatoire et l’incertain.
L’acte de peindre m’apparaît souvent comme une sorte de méditation transcendantale.
 
Rien ne m’étonne davantage que d’ouvrir une fenêtre avec un peu de couleur étalée sur un support. L’art est le lieu de l’ambiguïté. L’ambiguïté du monde me fascine et plus encore ceux qui pensent en connaître le sens.