Corinne CAVILLAC

Photographiste française

Après une formation à l’Ecole des Beaux Arts de Versailles, Corinne CAVILLAC exerce en tant que graphiste. Son travail artistique témoigne d’ailleurs de son parcours. Elle développe au fil des ans différentes séries thématiques.

Après avoir présenté les œuvres de Corinne CAVILLAC à différentes reprises, la Galerie Jamault s’engage durablement aux côtés de la photographiste et l’intègre à sa sélection d’artistes permanents en 2020.

 

Portrait

par Caroline Canault, journaliste, critique d’art

Dans l’objectif de son appareil photo elle voit d’abord une trame autoritaire ; des lignes verticales, horizontales, concaves, puis lorsqu’elle s’en approche, elle capture d’autres compositions abstraites, des pans ordonnés de couleurs et de matières. Elle capture les architectures urbaines avec l’envie de nous surprendre.

Corinne Cavillac réalise ses photographies en instantané, à l’éclairage naturel, sans filtres ni retouches plastiques. Seule compte l’idée, l’astuce qui vient faire basculer un instant, un volume, une ligne, un angle, une texture, une couleur repérée et attrapée vers quelque chose de complètement différent. La prise de vue prend une signification nouvelle, dans un autre cadre renversé, inédit.

Cet agencement de la construction accentue le point de vue structurel. Il est envisagé comme un aspect purement malléable.

A la mesure de l’apparente froideur des façades, entre matérialité et immatérialité, l’artiste dirige son objectif vers une abstraction avérée, une décomposition voire une disparition du réel évident.

L’expérience évoque les peintures à l’esthétique minimale de Charles Neubach où les tonalités, les formes géométriques les plus élémentaires retranscrivent celles des grands ensembles architecturaux des zones urbaines et périurbaines. On pense aussi aux artistes contemporains de l’art cinétique tels que Carlos Cruz-Diez qui revendique « la prise de conscience de l’instabilité du réel. »

Enfin, il est difficile de ne pas avoir en tête les travaux des représentants de l’abstraction géométrique ; Mondrian, Dubreuil, Vasarely, Kelly, Reinhardt ou Morellet. De la peinture à la photographie, Corinne Cavillac s’inscrit dans cette démarche de déplacements optiques, de séparations et d’assemblages jouant de la perception et de la composition changeante.

Sans arrangement, détournement ou composition numérique, il y a dans son travail toujours un clin d’oeil qui nous mène vers le trouble de la dimension des espaces d’une urbanité contemporaine. Une occasion de regarder différemment ce qui nous entoure, de contempler poétiquement l’ordinaire pour en révéler l’extraordinaire.

Les possibilités des matériaux comme le béton sont une pâte à modeler de base pour mes cadrages.

Corinne Cavillac

Il s’agit de focaliser sur les pleins et les vides qui dessinent notre territoire. Ceux à travers lesquels on circule sans y penser, sans même les discerner.

Corinne Cavillac

Abstraction

Le beau court la rue

L’oeil de chacun

peut devenir poète.

J’ai mis là mon ambition,

faire redécouvrir la beauté inhérente

de toutes choses,

la beauté possible

de l’insignifiant.

Lucien Hervé