Photographie ayant sevie d'affiche pour l'exposition "Nationale 7" à La Sorbonne nouvelleExposition “La Nationale 7, le retour.”

Photographies de Jean-Pierre BERTIN-MAGHIT

Maison de la recherche

Université Sorbonne Nouvelle Paris 3

4 rue des Irlandais – 75005 Paris

Route mythique chargée d’histoire dont je m’empare. Ce road moovie photographique se poursuit au gré de mes voyages entre Paris et Nice depuis 2009. Rythme des saisons et des paysages qui composent cette France du Nord au Sud tout au long de ses 1000Km. J’oublie Germaine Krull, Paul Morand et A bout de souffle mais pas Charles Trenet qui me trotte dans la tête.

J’en propose ici les premières traces.

Jean-Pierre Bertin-Maghit

La Nationale 7, le retour.

Existe-t-elle encore la N7 qui, partie de la porte d’Italie, aboutit mille kilomètres plus loin à la frontière italienne ?

Voie dynamique qu’empruntent routiers, moniteurs d’auto-école, vacanciers, cyclistes elle traverse des bourgs, alterne lotissements et pâturages, propose ses terrains à construire.Arbres, talus herbeux, courbes, montées et descentes qui épousent avec souplesse le terrain réveillent des souvenirs qu’ont condamnés la rectitude et la monotonie autoroutière, ses rails de sécurité et ses aires désespérément semblables.
Oui, on y roule moins vite, certes contraints par les limitations de vitesse mais on y goûte le plaisir de voir défiler une réclame à la peinture à demi effacée, une auberge charmante, un modèle de tacot grimpé sur l’auvent d’un garage.

Quand on quitte Paris le matin, on ne peut photographier la N7 jusqu’en fin d’après-midi. On a le soleil à gauche, en face puis à droite. En direction du Sud, il faut renoncer. Largeur du bas-côté, présence d’automobiles derrière le pare-choc contraignent le duo chauffeur photographe à négocier les arrêts et les demi tours une fois dépassé ce qu’il ne fallait pas rater.
Soixante-dix ans ont passé depuis que Germaine Krull et Paul Morand ont fait le voyage. Aujourd’hui, Jean-Pierre Bertin-Maghit écarte toute nostalgie. Légende parfois débaptisée, nationale en pointillé, ciel bleu, ciel gris, nuages ou pluie, il nous la montre canalisée par feux tricolores, pylônes électriques, lampadaires municipaux, pancartes directionnelles.
La modernité n’a pas eu raison du passé. Si l’exploitation des ressources a posé sa main de fer sur des paysages qui ne retrouveront jamais leur aspect premier, la N7 donne accès à ce qu’il reste d’une variété des territoires français qu’on redécouvre avec bonheur.

Jean Clamour

Données techniques de l’exposition :

  • Photos noir et blanc : tirages argentiques/agrandisseur (50X60) gélatino-bromure sur papier Ilford Warmtone brillant réalisés par Nathalie Lopparelli (atelier Fenêtre sur cour).
  • Photos couleurs : tirages argentiques/agrandisseur (60X80) sur papier couleurs « ultra endura » satiné Kodak réalisés par Diamantino Quintas (Diamantino Labo Photo).
Photographie ayant sevie d'affiche pour l'exposition "Nationale 7" à La Sorbonne nouvelle