Présentation
Artiste française.
En 2020, la Galerie Jamault présente pour la première fois les œuvres d’Angèle Guerre et organise la même année l’exposition « Une exposition, 3 artistes » qui réunit les nouveaux talents sélectionnés par la galerie.
Suit alors une collaboration soutenue qui conduira en 2022 à sa première exposition personnelle rue des Blancs-Manteaux : « Sous les ravages ».
En 2024, l’artiste présente sa nouvelle série « Odyssées ».
Incision de papier au scalpel
Je construis un travail de dessin qui entame la surface.
Qu’il s’agisse de gratter derrière un miroir ancien ou d’inciser le papier, l’objectif est de rendre visible une matière et d’en produire un autre espace. C’est une pellicule qui s’effrite, une protection qui s’efface, une peau qui se gonfle et donc une sensation qui est suggérée. J’interroge la mémoire des textures et du motif, le rythme, la pulsation, la répétition, et laisse ainsi mes compositions se créer, par un lent déphasage.
La pratique du dessin longue et méditative permet, dans sa belle ambivalence, de composer des espaces très dynamiques. L’agitation prend forme à partir d’un geste lent. Les outils sont la conséquence de cette lenteur: rotring, travail à la plume, au feutre de calligraphie, au scalpel. Tous ces instruments impactent le travail par l’exiguïté de leurs empreintes. Alors, pour que ces marques deviennent marquantes, je les accumule, fusionne, tisse et brode sur papier. En les densifiant, cela devient de la peau, une texture, un élément, une superficie.
Du réel, il en reste l’idée. Dans mes dessins, rien n’est vrai. Aucune perspective, aucun horizon n’existe, et pourtant, ils sont composés de paysages vus, observés, vécus.
«Ses compositions tourbillonnantes dépeignent une nature insaisissable, composée non de solides arbres, de montagnes ou de lacs mais de milliers de fragments composites, comme les éclats d’un miroir brisé qui reflètent chacun à leur manière leur environnement. On ne s’étonnera guère de retrouver dans le travail d’Angèle Guerre des dessins associés à des miroirs dont la matière même qui sert à refléter le réel a été grattée au scalpel. Dans ces miroirs anciens au mercure, le tain a subi un long processus d’oxydation, de piquetages dus au temps, venant répondre aux minutieux paysages et aux brumes mouchetées qui parfois les enveloppent.» (C.Paulhan)
Dans le travail avec le scalpel, c’est un autre mécanisme qui se met en place : celui de reproduire instinctivement des gestes immémoriaux. C’est la peau d’une bête tendue qu’on dépèce, qu’on met en pièce. Tailler, couper dans la masse, piquer, ce sont aussi des gestes de couturière, de relieur ou de boucher : un travail de manutention précis, celui de l’écrivain aussi.
Le dessin s’aborde comme un artisanat où s’invente une écriture.
Angèle GUERRE
Expositions et événements récents
PRIX, RESIDENCE
2026 Résidence de 6 mois AM EYE ART, Mittainville
2023 Résidence de 1 mois, Maison du Patrimoine François Flohic, Six Fours Les Plages
2019 Résidence de 3 mois, Chapelle des Pénitents Blancs, Vence
2017 Résidence de 6 mois, Villa Belleville; Paris XXe
2017 Laureate of Prix du Public, Prix Icart – Artistik Rezo
2015 Laureate of prix du public au 5ème prix de la jeune création, Moulin des Arts de Saint Rémy
2013 Nominee au Prix du dessin des Amis des Beaux-Arts.
2012 Colin Lefranc’s Grant
ACQUISITION
Souples, un souffle, par la Fondation Thalie, Bruxelles
FORMATION
2015/ 2017 Gravure, Atelier Franck Denon, Atelier Beaux-Arts de Paris, Glacière
2013/2014 Formation de reliure, Atelier Beaux-Arts de Paris
2013 DNSAP, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Atelier Marie-José Burki
COLLABORATIONS
Hermès, Gilles & Boissier, Van Cleef & Arpels, Le Tanneur, Visto, Atelier 27, Millet
DEMARCHEL’outil est au cœur de sa pratique. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2013, elle s’est ensuite formée à la reliure et à la gravure. La plume, le scalpel et la calligraphie sont ses instruments de prédilection, dans un rapport étroit à l’artisanat ainsi qu’à l’écriture.
Elle développe une pratique du dessin au scalpel sur papier brut ou teinté de pastel. Elle élabore également un travail d’installation in situ à partir d’éléments de papier et de cuir. Elle maroufle ces deux matières ensemble avant de les inciser. La faune et la flore occupent une place centrale dans son travail. Qu’il s’agisse de sculptures ou de dessins, elle cherche à reproduire des sensations.
Son rapport à la matière est très tactile, très direct. Pour elle, la surface — du papier, du cuir… — est une peau que l’on peut scarifier ou caresser. Sa pratique s’inscrit dans une forme de résistance à la vitesse du monde, au culte de la célérité, de la puissance de calcul et de la machine. Elle oppose ainsi des résistances à la disparition bruyante et précipitée du vivant. Elle choisit d’y répondre par la lenteur d’un geste ancestral, qui ne pourra jamais être accéléré, jamais rendu rentable.
De son enfance, elle garde le souvenir des départs au tout petit matin pour observer les animaux. Il fallait se lever tôt afin de découvrir les petits animaux qui peuplaient alors la Provence. Ces très beaux moments de promenade étaient principalement faits d’attente et de contemplation. Il fallait parfois patienter des heures dans la rosée et la brume, à l’affût du moindre bruit, jusqu’à ce qu’un animal surgisse soudain pour s’enfuir aussitôt.
« L’animal détient des secrets », écrit John Berger dans Pourquoi regarder les animaux. Observer les animaux sauvages dans la forêt relevait d’une magie, d’une magie ancestrale. Elle place ainsi au centre de ses recherches la notion d’Umwelt, qui désigne l’ensemble de l’espace perceptible propre à un être vivant. À chaque être vivant correspond son propre monde, appréhendé à travers les sens qui lui sont propres. Le vivant est un enchevêtrement de tous ces mondes.
















































